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globe-trotter

in the streets of...

Dans mes photos, figure essentiellement du bâti : des villes, des toits, des ponts, des friches... Pourquoi ?

La ville est l’objet qui nous accompagne depuis l’aube de la civilisation. Elle est le cœur puissant qui pompe notre énergie, rythme nos développements, vit et meurt comme un être vivant.

La ville n’est pas naturelle : c’est un créé humain, éminemment implicite, qui fonctionne comme un miroir des sociétés qui les bâtissent. En ce sens c’est certainement l’un des objets sociologiques les plus révélateurs de notre condition. Comprendre une ville est tout aussi impossible que comprendre une âme. Mais on peut la sentir, s’en imprégner, comme une culture. C’est ce que ces photos cherchent à faire : donner à voir de multiples facettes des êtres hybrides, complexes, mutants que sont les lieux de peuplement humain.

les ponts

Le pont correspond à une autre symbolique : celle du progrès. Car l’essence du devenir de l’homme n’est pas de rester statique au même endroit mais de dépasser les obstacles pour aller toujours de l’avant. Ainsi les ponts permettent-ils de dépasser les obstacles que sont les fleuves, les vallées, les baies, les montagnes pour continuer à avancer, à découvrir de nouveaux territoires et en organiser les liaisons terrestres. Le pont ne sert pas tant à partir qu’à revenir, qu’à instaurer une liaison à double sens, comme nous ne cessons de le faire avec notre passé et notre futur.

En outre, contrairement à la route ou au rail, le pont est un ouvrage d’art qui allie la technicité la plus robuste à l’esthétisme. Nous aurions pu nous passer de chercher à rendre beau un tel objet utilitaire. Mais non ! Quels que soient les pays, ces objets de transit où nous ne faisons que passer —souvent sans même la possibilité de nous y arrêter— rivalisent d’élégance et de style. Qu’ils soient posés dans la nature ou dans la ville, millénaires ou tout récents, ils façonnent nos paysages vécus d’une manière incontournable et souvent inexprimée.

on the roads in...

Il y a autant de manières de regarder un pays que d'yeux pour le voir. Pourtant lorsque nous voyageons, nous chaussons souvent une des deux principales paires de lunettes qui filtrent notre regard :

  • celles du touriste, façonnées par les tours operators, les guides de voyage, etc. qui nous font voir les monuments, le folklore, le typique; bref, une sorte de fresque universelle d'un pays que tout autre touriste est assuré de partager s'il "fait" cette destination;

  • celle de l'habitant, forgées par le quotidien du vécu, de la routine, des moyens, des contraintes mais aussi par l'amour pour son pays, pour une âme qui échappe souvent à la fresque 'universelle'.

Lorsqu'on se déplace à titre professionnel, on a souvent la chance d'être guidé par des locaux. Aussi, sur les routes des pays dans lesquels j'ai voyagé, j'ai essayé de capturer cette autre réalité qui échappe souvent au regard du touriste.